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Dialogue Social : 70 % des salariés ont une bonne image de leur CSE

La mobilisation contre la réforme des retraites et les élections professionnelles en entreprise ont renforcé l’image des comités sociaux et économiques et des élus du personnel, selon le 6e baromètre Syndex-Ifop sur le dialogue social.


Pour prendre le pouls du dialogue social dans les entreprises, le cabinet de conseil Syndex et l’institut l’Ifop ont enquêté auprès d’un échantillon de 1 420 représentants du personnel (RP), 1 300 salariés et 400 chefs d’entreprise et DRH. Voici les 10 enseignements à retenir du baromètre 2024, présenté le 23 janvier.


REPRÉSENTANTS DU PERSONNEL : UNE MOTIVATION À LA HAUSSE MALGRÉ LES DIFFICULTÉS INDUITES PAR LE CSE


Si l’inquiétude persiste (citée par 51 % des répondants), l’état d’esprit des représentants du personnel (RP) s’améliore par rapport à 2023 : ils sont 67 % à se montrer déterminés et 65 % motivés. Toutefois, 41 % constatent un affaiblissement de leur poids face à la direction depuis la mise en place du CSE et 39 % déplorent des ordres du jour trop chargés. Autres écueils : le manque d’attractivité de la fonction et une prise en compte insuffisante de la santé au travail. À noter : pour près de 70 % des CSE interrogés, les moyens alloués à l’instance n’ont pas été renégociés récemment.


DES DIRECTIONS PERÇUES COMME OPPORTUNISTES


« Opportunistes » (57 %) et « tendues » (51 %) sont les deux adjectifs les plus cités par les RP pour décrire l’état d’esprit des directions d’entreprise à l’égard du CSE. 75 % des RP jugent « bonne » la situation économique de leur entreprise, un score stable depuis 5 ans.


7 SALARIÉS SUR 10 ONT UNE BONNE IMAGE DE LEUR CSE


À la faveur notamment de la mobilisation intersyndicale contre la réforme des retraites et des nombreuses élections professionnelles qui ont jalonné l’année 2023, 70 % des salariés indiquent avoir une bonne image de leur CSE (+ 5 points). Près de 6 salariés sur 10 (59 %) ont voté aux dernières élections. Ils sont 75 % à connaître un membre du CSE et 62 % à se montrer intéressés par l’action de l’instance.


ÉVALUATION DU DIALOGUE SOCIAL : L’ECART SE CREUSE ENTRE DIRECTIONS ET ÉLUS DU PERSONNEL


Si les directions évaluent positivement le dialogue social dans leur entreprise (note moyenne de 7,7/10), les salariés (5,8/10) et les RP (5,2/10) se montrent beaucoup plus réservés. Le décalage est également prégnant sur la question des moyens alloués. « Les élus souhaitent un dialogue efficace dans lequel ils ont du poids, quand la direction reste sur le formalisme du respect de la loi », souligne l’enquête.


DIFFICILE DE TROUVER DE NOUVEAUX CANDIDATS


Le constat est quasi unanime : 93 % des représentants du personnel estiment que leur CSE rencontre des difficultés à recruter de nouveaux membres. En cause : le temps et l’énergie investis (40 %) ainsi que le manque de considération de la direction (45 %).

RÉMUNÉRATION ET POUVOIR D’ACHAT : LE SUJET PRIORITAIRE


Les rémunérations occupent toujours une place centrale pour les RP (86 %) et les salariés (77 %). Moins pour les directions (53 %). Pour améliorer le partage de la valeur, les moyens envisagés divergent : alors que les RP et les salariés privilégient les hausses de salaire, les directions préfèrent mixer fixe, intéressement et variable.Également en tête des sujets à traiter par les CSE : la santé, les RPS et les conditions de travail, cités par 92 % des représentants du personnel. Seuls 26 % des RP et 47 % des salariés considèrent que les directions ont une conscience suffisante vis-à-vis de la pénibilité et de l’usure professionnelle.


DES PRÉROGATIVES ENVIRONNEMENTALES ENCORE TIMIDES


25 % (un chiffre stable sur 1 an) des RP considèrent que le CSE s’est emparé des nouvelles prérogatives environnementales de l’instance, un score stable sur un an. Seuls 10 % des RP ont déjà suivi une formation spécifique alors que 75 % souhaitent être formés. 


SEMAINE DE 4 JOURS : DES AVIS CONTRASTÉS


Si la semaine de 4 jours emporte l’adhésion majoritaire des RP (79 % d’opinions favorables) et des salariés (75 %), les dirigeants se montrent bien plus réservés (42 %). Les RP y voient de nombreux avantages (santé, équilibre pro/perso, engagement) tout en étant conscients des risques (inégalités, surcharge de travail…).


EMPLOI DES SENIORS : PEU DE MESURES MISES EN PLACE


Objet d’une négociation nationale interprofessionnelle en cours entre partenaires sociaux, l’emploi des seniors peine à trouver des traductions concrètes en entreprise : seuls 10 % des représentants du personnel ont constaté la mise en place de mesures pour aménager l’organisation du travail et valoriser l’expérience.


RENFORCER LE POIDS DES AVIS ÉMIS PAR LE CSE


Pour 82 % des RP, le renforcement du poids des avis émis par le CSE est une évolution prioritaire à mettre en place. Deux-tiers d’entre eux (67 %) plébiscitent un dialogue social au plus près du terrain (représentants de proximité, envois directs de mails aux salariés…) et 65 % veulent des réunions CSE recentrées sur les sujets les plus importants.


LE TÉMOIGNAGE DE SABRINA LEBEL, ÉLUE CSE CFE-CGC CHEZ EY (CABINET D’AUDIT ET DE CONSEIL)


« Je suis engagée depuis 20 ans au plan syndical. Chez EY, la CFE-CGC compte 17 élus titulaires et 17 suppléants. Vu la complexité et le nombre de dossiers à traiter, chacun à tendance à se spécialiser. Nous sollicitons ponctuellement des expertises externes, par exemple Syndex. Dans l’entreprise, la population de salariés est très junior avec une moyenne d’âge d’environ 30 ans. Leur connaissance des CSE est minimaliste, tout comme les prérogatives de l’instance. En tant qu’élus du personnel, cela nous oblige à beaucoup communiquer : compte-rendu de réunions, enjeux émergents (environnement, impacts de l’intelligence artificielle sur les métiers du conseil), etc. Avec des mandats de 4 ans et le turnover important que connaît l’entreprise, c’est un vrai défi de recruter des candidats aux élections professionnelles. »


Mathieu Bahuet

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